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Catégorie : Blog

Les galériens

Je suis italien né au Maroc. Ça ne m’a jamais trop posé problème à part quelques mauvaises plaisanteries à l’école, les fastidieuses demandes d’extraits d’acte de naissance à Nantes, la mauvaise orthographe de mon nom, l’obligation de franciser mes deux prénoms même si certaines administrations me prénomment encore « Fabrizio Angelo », les cinq années d’enquête pour être naturalisé français, la perte de ma double-nationalité italienne lorsque j’ai choisi de faire mon service militaire pour la France, … ça va… ça va encore mieux quand on est blond aux yeux bleus. Je n’y avais jamais trop repensé, insouciant de ma « chance » jusqu’à ce que je participe tout récemment à la création d’un groupe multiculturel de recherche d’emploi pour une association qui accompagne les personnes en grande difficulté. J’étais là le premier jour pour accueillir les dix personnes présentes. J’ai eu honte en écoutant les récits de ce que réserve nos traditions de recrutement aux hommes et femmes d’origine et de culture étrangère… des histoires de problème qui les conduisent à « déguiser » leurs noms et prénoms.

J’ai fait des pas de la maison jusqu’ici.
Je viens de l’Algérie, de la Biélorussie, du Cameroun, du Gabon, du Madagascar, du Maroc, de la Mauritanie, de l’Afrique du Sud, …
Je suis un homme ou une femme française qui cherche à s’intégrer dans la société française.
Pourtant, lorsque je rentre dans une pièce, on dirait qu’il y a un ou une extra-Terrestre.
Et je galère pour trouver du travail.

L’Etat ne fait rien. Pôle emploi est le premier à discriminer.
Mon diplôme n’est pas reconnu en France, il ne m’a pas aidé à trouver du travail.
Et donc voilà… j’ai décidé de changer de métier.
Et je galère pour trouver du travail.

C’est à EUX de faire le premier pas, c’est EUX les premiers à donner des numéros.
« Ne mettez pas votre nationalité sur votre CV, ni votre nom de jeune fille ou nom marital. »
Mon fils s’appelle Shemir à la maison… et Loïc à l’école.
Et je galère pour trouver du travail.

Mais on a démarré des conversations que j’ai envie de continuer 🙂

Groupe « Sagesses de vie »

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L’histoire du caillou offert à Noël

Nez de clown« Merci Monsieur, quelle est votre histoire ? »

Un homme sur scène, au côté d’une « Madame Loyale ». Sur le bord de scène, 6 clowns, attentifs.

C’est le dispositif inventé par la Compagnie du Regard du Clown (Caroline Kohler et Jacques Ronayette).

« In Situ » : vos histoires revisitées par les clowns

Le principe est simple et époustouflant : vous venez sur scène raconter une anecdote vécue, une tranche de votre vie, récente ou ancienne, drôle ou triste, insignifiante ou dramatique… Les clowns écoutent, puis improvisent à partir de ce qu’ils ont entendu.

Ce jour-là, c’est un homme dans la cinquantaine qui s’est porté volontaire. Et qui nous a raconté son souvenir de Noël : le vélo qu’il avait commandé, enfant. Son attente impatiente. Et le matin de Noël, sous le sapin, un énorme paquet, et ses parents, qui attendent qu’il le déballe.

Il dénoue le grand paquet… et trouve dans le grand carton un autre carton, plus petit. Il ouvre le deuxième carton et y trouve… un autre carton. Qui contient un carton, rempli d’un carton, d’un autre carton… Jusqu’à obtenir une petite boîte, et dans la boîte… un caillou !

« Tu n’as pas été sage, tu ne mérites pas de vélo ! »

L’homme nous raconte cette histoire, 50 ans après, et nous percevons encore son émotion.

L’homme s’installe sur le côté de la scène, place aux clowns ! Un signe entre nous, pour signifier que le premier souhaite partir en solo.

Le clown entre donc sur scène. Regard sur le public, regard sur l’homme.
Émerveillement dans ses yeux… Il est le caillou qui a été offert, pour Noël, à un petit garçon.

Ce Noël, il s’en souvient comme si c’était hier. L’attente dans la boîte. Les voix. Le bruit du papier qu’on déchire. Encore une boîte… C’est bientôt à son tour, à LUI, le Cadeau. Et enfin, son apparition, sous le sapin. Lui, le caillou, le seul caillou offert à Noël.

Pour terminer, le « clown qui joue le caillou » finit sur les genoux du Monsieur, qu’il reconnaît. Tous les deux se font la bise. Les yeux un peu brillants.
Applaudissements.

Cette magnifique histoire nous était contée par Martine Compagnon, conteuse, clown et consultante (allez voir son site La Femme de l’Ogre).

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