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Catégorie : Narrative

Deux paires de lunettes valent mieux qu’une

Ça fait déjà quelque temps que Pierre Blanc-Sahnoun tient une chronique mensuelle, La Voie du Guerrier, dans le magazine Management.

Pierre Blanc-SahnounDans celui de février, intitulé « Bilans », Pierre nous livre la différence entre un leader et un manager :

Ce sont deux choses bien différentes. Le leader donne une vision, il entraîne la communauté vers de grands horizons, mais il a besoin de managers pour éclairer ses pieds car il ne les voit pas. Le leader fédère le groupe, mais il a besoin de managers pour arbitrer les conflits, car il ne les voit pas, de même qu’il ne voit pas tout ce qui ralentit la progression vers le But. Le leader n’est pas équipé de rétroviseurs et ses phares sont réglés trop haut. Il crée le mouvement en marchant et c’est là son principal talent. Là où les managers manque parfois de vision, les leaders manquent souvent de « perceptude », un mot inventé par le psychothérapeute François Roustang pour désigner la capacité, innée chez l’enfant, à percevoir le monde par ses sens et non à travers les lunettes à double foyer de son intellect.

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Le rocher en haut de la montagne

Je vais probablement être, pour la deuxième année, personne ressource pour le Diplôme d’Université de Coaching en Entreprise de l’Université de Bordeaux IV dont Stéphane Seiracq est le responsable pédagogique. Je fais partie de la première promotion, cela me permet de rester en lien avec les promotions suivantes, de « donner un coup de main », de toujours travailler ma posture, et de rencontrer de belles personnes 🙂

Pierre Adrien MulnetUn joli exercice de style avait d’ailleurs été proposé par l’un des élèves de la deuxième promotion, Pierre Adrien de Nouvelle Impulsion, qui m’a gentiment autorisé à le publier sur ce blog à l’occasion de ce début d’année 2015.

« Vous connaissez probablement les blagues du poulet qui traverse la route ?
On va essayer de faire ça avec le coaching :

Un rocher est en haut de la montagne, il aimerait bien descendre au fond de la vallée où il pense qu’il sera mieux. Dans sa nature de rocher, il sait quel est le bon chemin, mais il aurait besoin d’un coup de pouce au démarrage. Il va donc chercher du soutien.

  • Le psychanalyste aura pour objectif de l’aider à chercher en lui ce qui fait qu’il se trouve en haut de la montagne, en lui faisant se souvenir de quand il était une partie de la montagne. « Hum ? Ah ! »
  • Le gourou lui fera miroiter l’air pur des sommets et le guidera vers le haut de la montagne, en lui prenant ses pépites.
  • L’hypnothérapeute lui fera croire qu’il est léger comme un oiseau et qu’il est déjà virtuellement en bas de la montagne.
  • Le praticien narratif lui fera raconter son histoire de rocher jusqu’à ce qu’il digère les difficultés qui l’ont amené là.
  • Le PNListe va chercher dans l’inconscient du cerveau limbique du rocher comment faire pour qu’il bouge.
  • Le systémicien va analyser tout le flanc de montagne et détourner le torrent pour faire bouger le rocher.
  • Le gestaltiste va chercher à l’interface rocher / montagne ce qui se passe et va chercher à modifier la surface de contact.
  • Le formateur enseignera au rocher ce que sont les forces de frottement et l’énergie potentielle.
  • Le RH veut bien qu’il descende de la montagne, mais uniquement après 3 refus de la direction, l’abandon de son DIF et de la moitié de ses RTT.
  • Le recruteur veut bien aussi que le rocher descende, mais dans la vallée d’à coté, et pour un moins bon salaire.
  • L’éthologue va mettre un cheval à coté du rocher et lui dire « Regarde le cheval, il te montre ta nature et tes peurs de rocher. »
  • Le Freudien lui dira : « Le fait que vous vouliez aller en bas de la vallée est dû à la relation incestueuse que vous avez développé avec votre mère étant enfant. »
  • Le praticien symbolique lui demandera de jeter dans la vallée un objet qui symbolisera pour lui toutes les difficultés qu’il a enduré de ne pas être au fond de la vallée.
  • Le praticien Communication Non Violente lui demandera de décrire les faits, les sentiments qu’il ressent à propos de ces faits, ses besoins, et les demandes qu’il pourrait faire à la vallée.
  • Le tuteur dira : « Moi, quand j’étais en haut de la montagne, j’ai fait ceci et cela, tu devrais faire pareil. »
  • Ses amis diront : « C’est pas sûr que tu doives aller au fond de la vallée, regarde les risques, reste plutôt avec nous, c’est plus confortable. »
  • Le coach interne dira : « Moi je veux bien que tu descendes, mais si tu fais ça, je suis viré. »

Et vous ? Ceci vous parle-t-il ? Quelles modifications apporteriez vous ? Que rajouteriez vous ? »

A l’époque, j’avais fait plusieurs propositions en tant que praticien narratif apprenant :

  • « Comment as-tu fait pour savoir que tu serais mieux au fond de la vallée ? » pour détecter l’absent mais implicite de la plainte cachée.
  • « A chaque fois que tu as changé de place, comment as-tu fait ? » pour mettre en évidence des talents et savoir-faire du coaché.
  • « Que dirais-tu à la montagne pour qu’elle se mette à trembler et te mette en mouvement ? » pour faire appel au club de vie du coaché.
  • « Si tu avais une capsule qui voyage dans le temps pour envoyer des messages, qu’est-ce que le rocher au fond de la vallée dirait qu’il pense de toi aujourd’hui ? » pour remembrer le coaché avec une version future de lui.

Et Pierre Blanc-Sahnoun d’ajouter :

  • « Comment sais tu qu’il existe une vallée ? »

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Le livre « Narrative Kitchen »

Le coeur de la narrative est le reauthoring, c’est-à-dire l’opportunité d’écrire ou de réécrire son histoire de vie potentiellement saturée par des histoires de problèmes.

Une bonne façon de le faire est d’épaissir une ou des histoires d’identité préférées, de les rendre si puissantes que l’on peut ensuite « laisser entrer les histoires de problèmes qui attendent dehors en claquant des mâchoires depuis le matin » (PBS).

Une bonne histoire préférée est une histoire répétée, amplifiée par son club de vie, sinon elle s’affaiblit, et les histoires de problème, qui sont sorties par la porte la queue entre les jambes, reviennent par la fenêtre la truffe luisante et les crocs acérés. Et contre les histoires de problème, tous les coups sont permis !

J’ai donc utilisé la plateforme BlookUp pour éditer le livre « Narrative Kitchen », suite au billet du même nom. Une façon de continuer les conversations sur le territoire identitaire même après le coaching 🙂

Couverture du livre "Narrative Kitchen"

Je vous livre la quatrième de couverture que Pierre Blanc-Sahnoun (PBS) m’a fait l’honneur de rédiger :

« C’est l’histoire d’un groupe de femmes et d’hommes venus des douze coins de la planète. Afrique du Sud, Turquie, Gabon, Congo, Ile Maurice, Algérie, Tunisie, Maroc, autant de teintes et de paroles bigarrées qui se rencontrent pour s’aider à reconstituer leurs réserves d’espoir. Accompagnés par l’étrange attelage d’une pêcheuse de perles, d’un chasseur de dragons et d’un documentaliste de vies, visités épisodiquement par une sorcière douce, une chercheuse de pourquois, une padawan des bordures et un cultivateur photosensible, ils déroulent au fil des conversations leurs puissantes sagesses de vie, avec l’humble noblesse de ceux qui résistent farouchement au noir et blanc de la vie d’ici. C’est l’histoire d’humains fièrement vivants, envers et contre tout.

Narrative Kitchen est un concentrée de recettes de vie à utiliser dans les moments difficiles et pour garder l’espoir.

Honneur à : Sachin, Pétronille, Elvan, Madame Simone, Fatma, Souhila, Zakia, Khedija.

Remerciements : PLIE des Sources, Stéphane Dubielh, Pierre Blanc-Sahnoun, Laure Maurin, Jeanne Prévosteau, Isabelle Segui et Guillaume Favreau.

Un livre écrit et réalisé par Fabrice Aimetti à partir des chroniques Narrative Kitchen ».

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Rendez-vous en terre narrative

Le 16 décembre, Pascale Machet invitait Catherine Mengelle pour présenter les particularités qui ont fait de l’Approche Narrative sa façon préférée de coacher. Un très beau moment de partage. Je vous restitue ici ma prise de notes sachant que j’ai essayé de rester le plus fidèle possible aux mots de Catherine.

Catherine Mengelle« Je vais vous parler de ce qui m’intéresse.

Je me bagarre contre les problèmes des gens qui ont tendance à leur pourrir plus ou moins la vie. Je les aide à diminuer l’influence des problèmes dans leurs vies à différents degrés, que ce soit pour vivre avec ou s’en débarrasser. C’est ma mission sur la Terre. Je le fais avec toute mon énergie.

Les problèmes sont une race à part, qui aime côtoyer la race humaine. Ce sont des personnages très futés, très malins, qui ont leurs vies propres, qui prennent beaucoup de plaisir à ennuyer les gens. Ce sont des êtres maléfiques qui s’incrustent dans la moindre brèche passagère, par exemple la fatigue. Quand on sait comment le problème marche, on peut lutter contre lui.

Les problèmes sont aussi moches et méchants que les orques dans le Seigneur des Anneaux. Ils n’arrivent pas tout seul, ils arrivent en équipe, à plusieurs, du coup on ne sait plus très bien lequel est le problème. Donc, je vais aider les gens à constituer une équipe adverse. 

Une des tactiques des problèmes est d’entrer dans les gens et de prendre leur place : « je suis nul, incompétent, pas à la hauteur ». On internalise le problème et on en vient à lutter contre soi-même, ce qui est très difficile. En l’externalisant, je peux l’étudier (depuis combien de temps est-il présent dans sa vie ? quels sont ses complices ? …). 

Je n’ai aucune indulgence, aucune complaisance pour les problèmes. Il m’est arrivé de me laisser recruter par les problèmes, de devenir son complice, tellement il était fort : « Mon client ne va jamais y arriver ».

Je n’envisage à aucun moment que mon client tire un bénéfice à son problème. 

Je ne pose aucun diagnostic, je ne suis pas experte du problème de la personne, même si c’est un problème que j’ai déjà croisé (posture non sachante). Le client est expert (de l’expérience) de son problème. « J’ai déjà rencontré Manque de confiance en soi, le tien il a quelle couleur ? »

Je pose des questions comme un reporter, un explorateur, un investigateur, … Je me détache de ce que je sais déjà comme si mon client était super exotique. Les gens sont super exotiques, ils sont incroyables et tellement différents de moi.

Selon la taille, la force, la puissance du problème, je passe du temps à le comprendre. « Je reconnais quelque chose qui n’est pas drôle pour toi ».

J’utilise ce qu’on appelle la double écoute. En plus d’écouter l’espace du problème, j’essaye d’identifier des pistes possibles pour investiguer d’autres territoires qui pourraient nous permettre de tisser des histoires préférées en allant chercher dans la vie de notre client des expériences, événements, anecdotes pour co-construire avec la personne un thème préféré qui pourrait prendre un peu plus de place.

Par lui-même, le client a déjà fait des trucs pour résister au problème. Il ne nous a pas attendu pour déployer des compétences magnifiques d’humanité, de joie, de survie : « Je me suis battu, je ne me suis pas laissé faire ». Comment fais-tu pour résister ?

D’une identité problème, on passe à une identité ressource. C’est un travail qui réclame beaucoup de générosité pour son client.

Les conversations narratives sont des randonnées. On accompagne le client. Au début, on est sur l’autoroute toute droite (et chère) du problème, et à un moment de la conversation, on voit un petit chemin qui plaît au client et qui permet de quitter l’autoroute du problème. Il y aura des carrefours, des choix à faire, des impasses et des retours en arrière, on demandera au client quelle piste il veut suivre. Le client est intelligent et tout à fait capable de choisir. Acceptez l’errance et trouver les chemins de traverse, de nouveaux territoires ! C’est un vrai boulot d’archéologue pour trouver des anecdotes préférées.

Mon boulot n’est pas de résoudre le problème du client mais de co-construire une identité préférée (qui ne tombe pas du ciel) et de remplir ses valises avec des tas de ressources, des compétences, … La personne est connectée à ce qu’elle veut faire. La personne est capable du comment faire, elle a juste oublié, occulté tout ce qu’elle était capable de faire dans sa vie : « En quoi c’est important pour toi de faire ça ? »

J’en profite pour rendre ses mots à mon client, ce qui lui permet de continuer la conversation sans moi, une vraie preuve d’amour, de gentillesse, de générosité pour l’autre. »

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Profession squatteur

Vous savez que votre projet est squatté par « Murphy »,
Il vous dicte sa loi et occupe de force les lieux,
Vous prenez régulièrement la décision de l’expulser
Mais rien n’y fait, l’Institution ne lui reconnaît aucune existence
De plus, vous êtes tenu pour seul responsable de tous les dégâts.

Lorsque vous ne le voyez pas, vous le cherchez des yeux,
En fait, il fait appel à son réseau d’entraide,
Sa sœur, « Impuissance », s’invite maintenant à vos réunionnites
Tous les obstacles semblent prendre des proportions incroyables,
Et vous allez peu à peu vous exproprier de votre propre projet.

Vous en venez vous-même à vous justifier en invoquant ses cousines « Fatalité et « Dérision »,
Vos amies proches « Exemplarité », « Honnêteté » et « Transparence » ne vous côtoient plus,
Petit à petit, vous perdez vos points de repère et vous ne vous reconnaissez plus,
« Méfiance » semble être une alliée fiable qui vous protège et vous préserve,
Il devient alors plus simple d’exiger des autres qu’ils soient professionnels.

Vous rayez « Courage » de votre carnet d’adresses, sa fréquentation est bien trop risqué !
Vous avez décidé que d’autres que vous prendraient les décisions, bonnes ou mauvaises,
Et vous vous emmurez progressivement dans un sourire de façade,
« Leadership » est devenu le titre d’un vieux livre de science-fiction jauni et écorné,
Vous squattez maintenant le projet et les autres vous surnomment « Murphy ».

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Ensemble, nous résisterons aux tempêtes

Cette lettre narrative m’a été inspirée par la récente publication du manifeste « De quels leaders avons-nous besoin ? » (Le Manifeste, CC-BY-NC-ND, 24/10/2014). J’y ai entendu un chant de résistance voire même un discours identitaire.

Cher leader, n’oubliez pas que le pouvoir est une drogue dure.

Le pouvoir modifie votre identité.

Vous êtes recruté par son côté obscur, vous en devenez l’esclave et le serviteur zélé.

Paradoxalement, vous acceptez de ne plus avoir de pouvoir sur votre vie.

Vous acceptez de vous soumettre et de vous mettre au service de puissants discours dominants :

  • Performance déclare que vous êtes payé pour avoir réponse à tout et que vous pouvez prendre « les autres » pour des imbéciles.
  • Profit vous contraint à donner la valeur ajoutée produite à l’actionnaire, même s’il ne travaille pas dans l’entreprise. Il vous entraîne uniquement sur des plans à court terme.
  • Obéissance vous force à vous plier à la connerie dans l’entreprise. Il y a des chefs et des pas-chefs. Vous vous couvrez sans arrêt auprès de votre hiérarchie et vous prenez ombrage lorsque certains dans l’équipe prennent le leadership.
  • Compétition justifie de prendre de nombreuses décisions immorales, au détriment des êtres humains et des familles qui composent l’entreprise. Compétition vous entraîne progressivement à considérer que les personnes sont des ressources et ses lunettes noires vous empêchent de voir ce que ces personnes pourraient devenir demain.
  • Croissance vous incite à faire plus et mieux sur tous les plans, elle vous force à prédire au-delà du bon sens, elle vous demande même de prescrire le « comment » sans expliquer le « pourquoi ».
  • Contrôle vous chuchote de vous méfier des personnes et de traquer leurs erreurs.

Le ciment de ces briques est la peur.

Cher leader, vous serez peut-être toute votre vie au service de ces discours dominants, mais il y a plusieurs moyens de les servir…

Ainsi, certains d’entre vous font un pari humaniste, celui de croire que des personnes et des équipes entendues, respectées, avec du sens dans leur travail… sont performantes, mais une performance rattachée à une forme de bien-traitance institutionnelle.

Vous n’êtes jamais déçu de l’intelligence collective.

Vous osez abandonner votre pouvoir de leader et vous le remettez dans les mains des personnes et de l’équipe.

Vous osez prendre une posture d’admiration des compétences à vivre et à travailler des personnes et des équipes.

« Vous considérez alors que la parole de chacun a de l’intérêt. »

« Vous comprenez que vous êtes dépendant des autres pour réussir. »

« Vous croyez dans le potentiel des personnes et vous vous engagez pour le développer. »

« Vous vous réjouissez de voir d’autres personnes que vous-mêmes guider l’équipe. »

« Vous faites preuve de courage tous les jours. »

« Vous anticipez et vous inspirez en montrant le chemin. »

« Vous faites émerger le sens et vous croyez à la puissance du ‘pourquoi’. »

« Vous avez confiance en vous et, par conséquent, vous avez confiance en les autres. »

« Vous encouragez la prise de risque et reconnaissez l’erreur comme source d’apprentissage. »

Vous vous reconstruisez sur un territoire identitaire préféré qui est le NÔTRE.

Vous reliez NOS histoires.

Et ensemble, NOUS résisterons aux tempêtes.

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Choisissez votre club de vie

« L’enfer, c’est les autres » a toujours été mal compris. On a cru que je voulais dire par là que nos rapports avec les autres étaient toujours empoisonnés, que c’était toujours des rapports infernaux. Or, c’est tout autre chose que je veux dire. Je veux dire que si les rapports avec autrui sont tordus, viciés, alors l’autre ne peut-être que l’enfer. Pourquoi ? Parce que les autres sont, au fond, ce qu’il y a de plus important en nous-mêmes, pour notre propre connaissance de nous-mêmes. Quand nous pensons sur nous, quand nous essayons de nous connaître, au fond nous usons des connaissances que les autres ont déjà sur nous, nous nous jugeons avec les moyens que les autres ont, nous ont donné, de nous juger. Quoi que je dise sur moi, toujours le jugement d’autrui entre dedans. Quoi que je sente de moi, le jugement d’autrui entre dedans. Ce qui veut dire que, si mes rapports sont mauvais, je me mets dans la totale dépendance d’autrui et alors, en effet, je suis en enfer. Et il existe une quantité de gens dans le monde qui sont en enfer parce qu’ils dépendent trop du jugement d’autrui. Mais cela ne veut nullement dire qu’on ne puisse avoir d’autres rapports avec les autres, ça marque simplement l’importance capitale de tous les autres pour chacun de nous. »

Jean-Paul Sartre à propos de « L’enfer, c’est les autres »

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L’histoire du caillou offert à Noël

Nez de clown« Merci Monsieur, quelle est votre histoire ? »

Un homme sur scène, au côté d’une « Madame Loyale ». Sur le bord de scène, 6 clowns, attentifs.

C’est le dispositif inventé par la Compagnie du Regard du Clown (Caroline Kohler et Jacques Ronayette).

« In Situ » : vos histoires revisitées par les clowns

Le principe est simple et époustouflant : vous venez sur scène raconter une anecdote vécue, une tranche de votre vie, récente ou ancienne, drôle ou triste, insignifiante ou dramatique… Les clowns écoutent, puis improvisent à partir de ce qu’ils ont entendu.

Ce jour-là, c’est un homme dans la cinquantaine qui s’est porté volontaire. Et qui nous a raconté son souvenir de Noël : le vélo qu’il avait commandé, enfant. Son attente impatiente. Et le matin de Noël, sous le sapin, un énorme paquet, et ses parents, qui attendent qu’il le déballe.

Il dénoue le grand paquet… et trouve dans le grand carton un autre carton, plus petit. Il ouvre le deuxième carton et y trouve… un autre carton. Qui contient un carton, rempli d’un carton, d’un autre carton… Jusqu’à obtenir une petite boîte, et dans la boîte… un caillou !

« Tu n’as pas été sage, tu ne mérites pas de vélo ! »

L’homme nous raconte cette histoire, 50 ans après, et nous percevons encore son émotion.

L’homme s’installe sur le côté de la scène, place aux clowns ! Un signe entre nous, pour signifier que le premier souhaite partir en solo.

Le clown entre donc sur scène. Regard sur le public, regard sur l’homme.
Émerveillement dans ses yeux… Il est le caillou qui a été offert, pour Noël, à un petit garçon.

Ce Noël, il s’en souvient comme si c’était hier. L’attente dans la boîte. Les voix. Le bruit du papier qu’on déchire. Encore une boîte… C’est bientôt à son tour, à LUI, le Cadeau. Et enfin, son apparition, sous le sapin. Lui, le caillou, le seul caillou offert à Noël.

Pour terminer, le « clown qui joue le caillou » finit sur les genoux du Monsieur, qu’il reconnaît. Tous les deux se font la bise. Les yeux un peu brillants.
Applaudissements.

Cette magnifique histoire nous était contée par Martine Compagnon, conteuse, clown et consultante (allez voir son site La Femme de l’Ogre).

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