
Elle tenait un ballon rouge en forme de cœur, flottant doucement au-dessus de sa tête. « Tu sais » a-t-elle commencé, « Chaque magicienne a un rôle à jouer. Je vais t’apprendre un secret. Même quand je serai loin, ma magie vivra en toi ».
Elle disait que l’enfant était le roi du carnaval, portant une couronne faite de rires et de rêves. Elle parlait de généalogie et de carnaval inversée. Elle évoquait la capacité d’émerveillement des enfants, racontant des histoires de pirates audacieux, de loups rusés et de cochons malins, de Grinchouille et de soirées pyjama. Elle décrivait les pantoufles de grands-pères qui portaient des souvenirs et comment le Petit Poucet laissait des cailloux pour ne jamais se perdre. Elle interviewait les doudous ! Chaque récit était une invitation à plonger dans un monde où l’imaginaire prenait vie, où les merveillosités s’épanouissaient et où les peurs se transformaient en aventures.
« N’aie pas peur » a-t-elle crié en riant, « Je ne pars jamais vraiment ! Je serai toujours là, chaque fois que tu regarderas le ciel ».
Et dans un tourbillon de couleurs, Charlie s’est élevée vers le ciel, vers le pays des magiciennes. Je l’ai vue disparaître parmi les nuages, mais une douce mélodie flottait dans l’air, une promesse d’étoiles et de rêves.
À partir de ce jour, chaque fois que je regarde le ciel, je me rappelle que la magie de Charlie vit en moi. Elle m’a appris à enchanter mes propres pratiques, à inviter les merveillosités dans chaque instant, et à garder vivant cet émerveillement qui transforme le quotidien en magie.
Texte inspiré des 3èmes Journées Narratives Francophones en 2018 à Bordeaux, où j’ai vraiment rencontré Charlie Crettenand, celle qui faisait chanter les clowns.