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Mois : novembre 2014

Profession squatteur

Vous savez que votre projet est squatté par « Murphy »,
Il vous dicte sa loi et occupe de force les lieux,
Vous prenez régulièrement la décision de l’expulser
Mais rien n’y fait, l’Institution ne lui reconnaît aucune existence
De plus, vous êtes tenu pour seul responsable de tous les dégâts.

Lorsque vous ne le voyez pas, vous le cherchez des yeux,
En fait, il fait appel à son réseau d’entraide,
Sa sœur, « Impuissance », s’invite maintenant à vos réunionnites
Tous les obstacles semblent prendre des proportions incroyables,
Et vous allez peu à peu vous exproprier de votre propre projet.

Vous en venez vous-même à vous justifier en invoquant ses cousines « Fatalité et « Dérision »,
Vos amies proches « Exemplarité », « Honnêteté » et « Transparence » ne vous côtoient plus,
Petit à petit, vous perdez vos points de repère et vous ne vous reconnaissez plus,
« Méfiance » semble être une alliée fiable qui vous protège et vous préserve,
Il devient alors plus simple d’exiger des autres qu’ils soient professionnels.

Vous rayez « Courage » de votre carnet d’adresses, sa fréquentation est bien trop risqué !
Vous avez décidé que d’autres que vous prendraient les décisions, bonnes ou mauvaises,
Et vous vous emmurez progressivement dans un sourire de façade,
« Leadership » est devenu le titre d’un vieux livre de science-fiction jauni et écorné,
Vous squattez maintenant le projet et les autres vous surnomment « Murphy ».

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Ensemble, nous résisterons aux tempêtes

Cette lettre narrative m’a été inspirée par la récente publication du manifeste « De quels leaders avons-nous besoin ? » (Le Manifeste, CC-BY-NC-ND, 24/10/2014). J’y ai entendu un chant de résistance voire même un discours identitaire.

Cher leader, n’oubliez pas que le pouvoir est une drogue dure.

Le pouvoir modifie votre identité.

Vous êtes recruté par son côté obscur, vous en devenez l’esclave et le serviteur zélé.

Paradoxalement, vous acceptez de ne plus avoir de pouvoir sur votre vie.

Vous acceptez de vous soumettre et de vous mettre au service de puissants discours dominants :

  • Performance déclare que vous êtes payé pour avoir réponse à tout et que vous pouvez prendre « les autres » pour des imbéciles.
  • Profit vous contraint à donner la valeur ajoutée produite à l’actionnaire, même s’il ne travaille pas dans l’entreprise. Il vous entraîne uniquement sur des plans à court terme.
  • Obéissance vous force à vous plier à la connerie dans l’entreprise. Il y a des chefs et des pas-chefs. Vous vous couvrez sans arrêt auprès de votre hiérarchie et vous prenez ombrage lorsque certains dans l’équipe prennent le leadership.
  • Compétition justifie de prendre de nombreuses décisions immorales, au détriment des êtres humains et des familles qui composent l’entreprise. Compétition vous entraîne progressivement à considérer que les personnes sont des ressources et ses lunettes noires vous empêchent de voir ce que ces personnes pourraient devenir demain.
  • Croissance vous incite à faire plus et mieux sur tous les plans, elle vous force à prédire au-delà du bon sens, elle vous demande même de prescrire le « comment » sans expliquer le « pourquoi ».
  • Contrôle vous chuchote de vous méfier des personnes et de traquer leurs erreurs.

Le ciment de ces briques est la peur.

Cher leader, vous serez peut-être toute votre vie au service de ces discours dominants, mais il y a plusieurs moyens de les servir…

Ainsi, certains d’entre vous font un pari humaniste, celui de croire que des personnes et des équipes entendues, respectées, avec du sens dans leur travail… sont performantes, mais une performance rattachée à une forme de bien-traitance institutionnelle.

Vous n’êtes jamais déçu de l’intelligence collective.

Vous osez abandonner votre pouvoir de leader et vous le remettez dans les mains des personnes et de l’équipe.

Vous osez prendre une posture d’admiration des compétences à vivre et à travailler des personnes et des équipes.

« Vous considérez alors que la parole de chacun a de l’intérêt. »

« Vous comprenez que vous êtes dépendant des autres pour réussir. »

« Vous croyez dans le potentiel des personnes et vous vous engagez pour le développer. »

« Vous vous réjouissez de voir d’autres personnes que vous-mêmes guider l’équipe. »

« Vous faites preuve de courage tous les jours. »

« Vous anticipez et vous inspirez en montrant le chemin. »

« Vous faites émerger le sens et vous croyez à la puissance du ‘pourquoi’. »

« Vous avez confiance en vous et, par conséquent, vous avez confiance en les autres. »

« Vous encouragez la prise de risque et reconnaissez l’erreur comme source d’apprentissage. »

Vous vous reconstruisez sur un territoire identitaire préféré qui est le NÔTRE.

Vous reliez NOS histoires.

Et ensemble, NOUS résisterons aux tempêtes.

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