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Catégorie : Narrative

Moi, coach, 50 ans

2011
A 42 ans, il jouait à l’apprenti sorcier
En accompagnant vers l’agilité
Sans savoir ce qu’il faisait
C’était le petit-fils d’un cordonnier
Et il a décidé de changer sa vie

2012
A 43 ans, il a pris plume et encrier
Pour retourner à l’université
Apprendre à (s’)accompagner
Entre gris clair et gris foncé
Et il a décidé de changer sa vie

2013
A 44 ans, il a croisé un sorcier
Qui l’a aidé à faire le pas de côté
Pour écouter et regarder
L’autre, exotisé avec fraternité
Et il a décidé de changer sa vie

2014
A 45 ans, il a choisi de parrainer
Des jeunes rejetés par la société
Pour entrevoir des possibilités
Au-delà des routes bien balisées
Et il a décidé de changer sa vie

2015
A 46 ans, il a choisi de visiter
Les lieux qui enferment la dignité
Au milieu des jugés et re-jugés
Pour recueillir des rêves de liberté
Et il a décidé de changer sa vie

2016
A 47 ans, il a choisi de racheter
Et gérer sa société bien endettée
Il y a passé des soirées
A libérer ses histoires préférées
Et il a décidé de changer sa vie

2017
A 48 ans, il a fini de shadower
Dans cette école de cabossés
Il a commencé à enseigner
Avec le respect de ses aînés
Et il a décidé de changer sa vie

2018
A 49 ans, il a commencé
A s’affûter cent fois sur le métier
A (enfin) comprendre ce qu’il voulait
A déplumer et retraiter son perroquet
Et il a décidé de changer sa vie

2019
A 50 ans, je suis à la moitié
J’accompagne décomplexé
En créant des espaces de sincérité
Au sein de collectifs en non conformité
Et je continue à changer la vie.

2020
tournage en cours

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Je ne vous parlerai que d’elles

Tout commence en 2012
Recruté par un génie de brousse barbouze
J’entre dans une forêt d’histoires
Et le barbu patmol me sort du purgatoire.

J’entre dans une Fabrique de potes
Entre Bordeaux et Paris
L’impression d’être la mascotte
Et d’avoir enfin trouvé un abri.

Je ne vous parlerai que d’elles.

Elle est la petite-fille d’un montreur d’ours
Avec elle, je m’embarque pour un voyage
Tel un Peter Pan qui traverse les nuages
Je n’ai plus peur des secousses.

Je ne vous parlerai que d’elles.

Elle a trois noms de séjour
M’entoure de son oeil d’amour
Pour découvrir mes forces
Et graver mes fines traces sur l’écorce.

Je ne vous parlerai que d’elles.

Elle m’emmène dans une odyssée
Et comme un Robinson
Je passe le seuil d’au-delà de la prison
Je redeviens viZible quand lui disparaît.

Je ne vous parlerai que d’elles.

Triste qu’elle ait choisi de partir
Elle m’a appris ma générosité
Hissé sur ses sourires
A coeur ouvert et en toute amitié.

Je ne vous parlerai que d’elles.

Elle m’apparaît comme un griot
Mon perroquet ne s’en laisse pas conter
A son contact, il se transforme en porte-manteau
Je pense qu’elle est ma soeur cachée.

Je ne vous parlerai que d’elles.

Elle est à moitié sorcière Maure
C’est une passeuse de mots
Qui a attrapé un souffle au corps
Elle a pour moi la douceur d’une Mère.

Je ne vous parlerai que d’elles.

Je suis sidérée par sa capacité à se révolter
Sa jeunesse contre ce vieux monde en délire
Elle met son grand manteau de fous rires
Et a besoin de ses deux mains pour marcher.

Je grandis et m’élève grâce à ces elles.

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Narrative Rwanda 2020

Rwanda 2020
Crédit image : Caroline Tsiang

« Nous, praticiens narratifs francophones, sommes ravis d’avoir le projet d’aller au Rwanda, le pays aux mille collines, pour la prochaine conférence internationale sur la thérapie narrative et le travail communautaire organisée par le Dulwich Centre et SOS Rwanda à Kigali du 10 au 14 août 2020. Les praticiens rwandais ont une longue histoire de contributions dans le domaine des pratiques narratives. Les praticiens d’Ibuka (l’association nationale rwandaise des survivants du génocide) ont commencé à s’engager dans la thérapie narrative et les idées de travail communautaire il y a plus de dix ans. Leur travail est présenté dans Travailler avec les souvenirs à l’ombre du génocide. Cette conférence présentera le travail varié des praticiens rwandais auprès des enfants et des familles, des thérapeutes narratifs et des travailleurs communautaires de différentes parties du monde ! »

J’ai créé un site dédié à la préparation de l’événement : Narrative Rwanda 2020

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J’adore ce sapin !

Encore un sapin
Un sapin pour rien
Si futile au milieu du matin
Encore un sapin
Sans chausson ni câlin
Et rien n’efface mon chagrin

Sapin pour crever ou bien
Sapin pour attendre
Pour supplier un geste tendre
Sapin pour crier, mentir ou déguiser
Laisser tomber ou protester

Encore un sapin
Qui se dresse et qui s’écroule
Sapin tordu agresse et s’défoule
Encore un sapin
Anxiolytique et fiévreux
A craindre à l’heure du couvre-feu

Un sapin, … ça ne sert … à rien
Un sapin…
Sans un bout … d’soutien …
Ce sapin…
C’est le mien, … c’est sans fin …
Un sapin … de gamin …
Pour en être …
Le témoin lointain

J’adore ce sapin
Un refuge véritable
Qui est légitime et indispensable
J’adore ce sapin, avec ma copine
Entre le biberon et la belle chopine
Sapin pour sourire et prendre confiance
Et éclairer nos existences
Sapin de renaissance, sapin de résistance
C’est moi qui renégocie le sens

Ce sapin, … ça me fait … du bien …
Ce sapin, … pour beaucoup … d’soutien …
Ce sapin, … c’est le mien … un refrain …
Un sapin … enfin … qui éclaire …
Mes rêves de gamin.

Ce sapin, … ça me fait … du bien …
Ce sapin, … pour beaucoup … d’soutien …
Ce sapin, … c’est le mien … un refrain …
Un sapin … enfin … qui éclaire …
Mes rêves de gamin.

J’adore ce sapin !

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Angelo

Je me souviens de mon grand-père, Angelo. Il était « calzolaio » (cordonnier). Enfant, je passais des heures, le matin, à le regarder travailler dans son petit magasin au rez-de-chaussée de la maison familiale installée à l’ombre de l’église « San Giacomo » (Saint Jacques). J’étais assis sur une chaise, je balançais mes pieds qui ne touchaient pas encore le sol. Je le voyais souvent recoller le talon cassé d’une chaussure féminine. Ses gestes et son regard étaient précis, appliqués. La colle n’avait pas d’odeur particulière, ou en tout cas, elle était largement couverte par les effluves de la sauce* qui frémissait depuis 8 heures du matin dans la cuisine à l’étage. De temps en temps, je décrochais sa guitare du mur juste derrière moi. Je grattais d’improbables accords dissonants au fur et à mesure que j’essayais de me rappeler d’un air connu. Je le voyais alors s’exclamer que je pourrais l’accompagner chanter dans les églises de la région, ou lors du festival annuel de musique sur la place de la mairie. Le rouge me montait aux joues, paniqué par cet improbable événement, je m’empressais de remettre la guitare à sa place et j’attendais patiemment que les cloches de l’église carillonnent le milieu de la journée, le « mezzogiorno ». Le midi, c’est à ce moment-là qu’il reposait délicatement ses outils, se levait, ôtait son tablier, et me tendait son bras. Plus jeune, il avait été renversé par une voiture et boitait de la jambe gauche. Je glissais mon bras en dessous du sien et nous sortions ensemble du magasin, la clochette de la porte carillonnait à son tour, et nous descendions vers la rue Libarna**. Et là, sous le soleil, fier comme un coq, j’avais l’impression de porter mon grand-père, je sentais le poids de son corps s’appuyait un peu plus sur moi à chaque bosse du mince trottoir. Nous achetions une « pomodoro », une pomme d’or, une tomate, la grosse tomate italienne rutilante et difforme, puis mon grand-père saluait de la main quelques connaissances installées à la caffeteria La Dolce Vita, avant de s’arrêter à la « macelleria », la boucherie pour acheter de la viande hachée. Nous rentrions directement pour passer à l’étage. Direction la cuisine, il sortait deux assiettes, coupait la tomate en quartiers, un filet d’huile d’olive, roulait deux boules de viande hachée qu’il faisait rapidement cuire dans une poêle, une pincée de sel et nous mangions tous les deux, avant tout le monde, avant de mettre la table, avant le minestrone et le plat de pâtes en famille, avant que l’air à 30 degrés ne se faufile entre les bandes verticales et multicolores du rideau moustiquaire. Cette intimité je l’espérais chaque jour de mes vacances d’été, mon grand-père a été la seule personne avec qui j’ai eu ce contact, il me prenait littéralement dans ses bras, je le prenais littéralement dans mes bras. Imaginer cette « 4 jambes motrices » déambuler la rue gastronomique me fait aujourd’hui sourire… et pleurer. « Io mi chiamo Fabrizio Angelo », je m’appelle Fabrice Ange, et je suis fier de porter mon grand-père… dans mon prénom.

* J’avais parfois l’impression que les tomates pelées, l’huile d’olive, l’oignon, le thon, la gousse d’ail, le basilic frais accouraient en bas de l’escalier pour investir la pièce. C’était la promesse d’un plat de pâtes râpé au « parmigiano » (parmesan) reggiano, que nous allions tous déguster en famille.

** Bien plus tard, j’ai su que Libarna était le nom d’une antique ville romaine à quelques kilomètres de là.

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Chômage des seniors, une autre histoire possible

Ce magnifique livre de Pierre Blanc-Sahnoun et Téha Galliano est à double voire triple usage :

– une déconstruction tout en finesse de nos traditions de recrutement, des techniques d’infiltration pour devancer le marché voire des techniques d’exfiltration parce qu’on n’est pas obligé de tout accepter à n’importe quel prix,

– une reconstruction de la fierté et de la dignité du senior par le biais de sessions collectives (et individuelles) mise en lumière par les magnifiques documentations poétiques de Téha et Pierre, l’émotion comme un véhicule tout-terrain sur ce territoire impitoyable et à peine respectueux qu’est la recherche d’emploi,

– une animation narrative proposée par Pierre qui donne littéralement tout le matériel nécessaire sur le fond et la forme pour les professionnels du domaine, il décrit même comment le dispositif a évolué dans le temps ; tout en faisant les liens et les rappels nécessaires concernant l’approche narrative et sa terraformation par des travailleurs sociaux australiens et néozélandais.

Ce n’est pas tous les jours qu’un Sensei dévoile et délivre autant son savoir-faire et son expérience… un livre que je conseille à tous les seniors en devenir, aux professionnels de la relation d’aide et notamment à tous les praticiens narratifs.

Pour le commander, c’est chez l’éditeur L’Harmattan.

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La Poésie contre le burn-out

Reconstruire la dignité au travail avec les pratiques narratives : 150 pages qui défilent à 150 km/h tant la lecture est rendue facile par la plume habile de l’auteure, Noëllyne Bernard, et par l’organisation de son livre avec un recueil de poèmes en première partie (expérientiel) et une description de la fabrication des poèmes narratifs en deuxième partie (ingénierie). Je conseille ce livre à tous les praticiens narratifs mais aussi à tous ceux intéressés et emportés par « la poésie vécue, celle qui, comme le voulait Rimbaud, change bel et bien la vie »…

En vente chez l’éditeur Publibook.

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Atelier Ressourcement aux Açores

Vue de la fenêtre de la chambre

Je viens de faire une retraite de 5 jours aux Açores dans le cadre d’une narraventure proposée par Elizabeth Feld. Grâce au travail individuel et de groupe, facilité par des conversations narratives, cérémonies définitionnelles, voyage du héros, chemin de vie, exercices créatifs et exercices dans la nature pour cheminer en douceur… j’ai pu clarifier mes intentions, redécouvrir et ancrer mes ressources, avancer sur les passages dans ma vie, avec le soutien d’une communauté bienveillante, tout en profitant des baignades dans les sources thermales.

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