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Catégorie : Blog

Je ne vous parlerai que d’elles

Tout commence en 2012
Recruté par un génie de brousse barbouze
J’entre dans une forêt d’histoires
Et le barbu patmol me sort du purgatoire.

J’entre dans une Fabrique de potes
Entre Bordeaux et Paris
L’impression d’être la mascotte
Et d’avoir enfin trouvé un abri.

Je ne vous parlerai que d’elles.

Elle est la petite-fille d’un montreur d’ours
Avec elle, je m’embarque pour un voyage
Tel un Peter Pan qui traverse les nuages
Je n’ai plus peur des secousses.

Je ne vous parlerai que d’elles.

Elle a trois noms de séjour
M’entoure de son oeil d’amour
Pour découvrir mes forces
Et graver mes fines traces sur l’écorce.

Je ne vous parlerai que d’elles.

Elle m’emmène dans une odyssée
Et comme un Robinson
Je passe le seuil d’au-delà de la prison
Je redeviens viZible quand lui disparaît.

Je ne vous parlerai que d’elles.

Triste qu’elle ait choisi de partir
Elle m’a appris ma générosité
Hissé sur ses sourires
A coeur ouvert et en toute amitié.

Je ne vous parlerai que d’elles.

Elle m’apparaît comme un griot
Mon perroquet ne s’en laisse pas conter
A son contact, il se transforme en porte-manteau
Je pense qu’elle est ma soeur cachée.

Je ne vous parlerai que d’elles.

Elle est à moitié sorcière Maure
C’est une passeuse de mots
Qui a attrapé un souffle au corps
Elle a pour moi la douceur d’une Mère.

Je ne vous parlerai que d’elles.

Je suis sidérée par sa capacité à se révolter
Sa jeunesse contre ce vieux monde en délire
Elle met son grand manteau de fous rires
Et a besoin de ses deux mains pour marcher.

Je grandis et m’élève grâce à ces elles.

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Narrative Rwanda 2020

Rwanda 2020
Crédit image : Caroline Tsiang

« Nous, praticiens narratifs francophones, sommes ravis d’avoir le projet d’aller au Rwanda, le pays aux mille collines, pour la prochaine conférence internationale sur la thérapie narrative et le travail communautaire organisée par le Dulwich Centre et SOS Rwanda à Kigali du 10 au 14 août 2020. Les praticiens rwandais ont une longue histoire de contributions dans le domaine des pratiques narratives. Les praticiens d’Ibuka (l’association nationale rwandaise des survivants du génocide) ont commencé à s’engager dans la thérapie narrative et les idées de travail communautaire il y a plus de dix ans. Leur travail est présenté dans Travailler avec les souvenirs à l’ombre du génocide. Cette conférence présentera le travail varié des praticiens rwandais auprès des enfants et des familles, des thérapeutes narratifs et des travailleurs communautaires de différentes parties du monde ! »

J’ai créé un site dédié à la préparation de l’événement : Narrative Rwanda 2020

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Atelier d’écriture par Isabelle Gaillard (Eté 2019)

Isabelle est une amie. On parle des ami-es quand ils ou elles font des trucs sympas 🙂

Elle propose le temps d’un week-end (samedi et/ou dimanche, sur la journée ou 1⁄2 journée) de venir vivre l’expérience d’écrire la vie, la vôtre ou celle de quelqu’un d’autre. A partir de consignes (propositions, questions ouvertes…), vous pourrez vous familiariser avec l’écriture du vécu.

Lieu : Audenge, au bord du bassin.

Dates : 20-21 juillet, 27-28 juillet, 3-4 août, 10-11 août 2019.

Prix par personne pour 2 jours (10 heures) : 75 €

Contact : isa.gaillard@wanadoo.frisabellegaillard.com

 

 

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Congrès 2019 de l’Association Nationale des Visiteurs de Prison

Le congrès de l’ANVP se tiendra du vendredi 17 mai 14h30 au dimanche 19 mai 2019 14h30 au Campus Atlantica d’Artigues-près-Bordeaux. Les points forts en seront l’assemblée générale statutaire le vendredi après-midi ; le spectacle de David Desclos, « écroué de rire » le vendredi soir ; le congrès sur le thème « cultures et culture en prison » le samedi.

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J’adore ce sapin !

Encore un sapin
Un sapin pour rien
Si futile au milieu du matin
Encore un sapin
Sans chausson ni câlin
Et rien n’efface mon chagrin

Sapin pour crever ou bien
Sapin pour attendre
Pour supplier un geste tendre
Sapin pour crier, mentir ou déguiser
Laisser tomber ou protester

Encore un sapin
Qui se dresse et qui s’écroule
Sapin tordu agresse et s’défoule
Encore un sapin
Anxiolytique et fiévreux
A craindre à l’heure du couvre-feu

Un sapin, … ça ne sert … à rien
Un sapin…
Sans un bout … d’soutien …
Ce sapin…
C’est le mien, … c’est sans fin …
Un sapin … de gamin …
Pour en être …
Le témoin lointain

J’adore ce sapin
Un refuge véritable
Qui est légitime et indispensable
J’adore ce sapin, avec ma copine
Entre le biberon et la belle chopine
Sapin pour sourire et prendre confiance
Et éclairer nos existences
Sapin de renaissance, sapin de résistance
C’est moi qui renégocie le sens

Ce sapin, … ça me fait … du bien …
Ce sapin, … pour beaucoup … d’soutien …
Ce sapin, … c’est le mien … un refrain …
Un sapin … enfin … qui éclaire …
Mes rêves de gamin.

Ce sapin, … ça me fait … du bien …
Ce sapin, … pour beaucoup … d’soutien …
Ce sapin, … c’est le mien … un refrain …
Un sapin … enfin … qui éclaire …
Mes rêves de gamin.

J’adore ce sapin !

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La Colère

Elle est venue me hanter,
Elle, est sourde et sans pitié,
Moi, j’ai juste envie de crier.

J’ai trouvé des endroits pour pleurer,
A l’écart, comme un mutilé,
A sans cesse répéter « Papaoutai ? »

Tel un Dormeur du Val dans la forêt,
Je l’imagine se reposer,
Avant de voir les marques d’un sanglier.

Comment être à la fois un père et un fils bâillonné ?
Comment passer les fêtes sans y penser ?
Comment brûler son image dans la cheminée ?

10 années, 10 Noël pour le décéder,
Sa tombe vide est toujours à mes pieds,
Et je ne lui ai pas dit que je l’aimais…

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Angelo

Je me souviens de mon grand-père, Angelo. Il était « calzolaio » (cordonnier). Enfant, je passais des heures, le matin, à le regarder travailler dans son petit magasin au rez-de-chaussée de la maison familiale installée à l’ombre de l’église « San Giacomo » (Saint Jacques). J’étais assis sur une chaise, je balançais mes pieds qui ne touchaient pas encore le sol. Je le voyais souvent recoller le talon cassé d’une chaussure féminine. Ses gestes et son regard étaient précis, appliqués. La colle n’avait pas d’odeur particulière, ou en tout cas, elle était largement couverte par les effluves de la sauce* qui frémissait depuis 8 heures du matin dans la cuisine à l’étage (l’atelier où ma grand-mère Giuseppina régnait en maîtresse). De temps en temps, je décrochais sa guitare du mur juste derrière moi. Je grattais d’improbables accords dissonants au fur et à mesure que j’essayais de me rappeler d’un air connu. Je le voyais alors s’exclamer que je pourrais l’accompagner chanter dans les églises de la région, ou lors du festival annuel de musique sur la place de la mairie. Le rouge me montait aux joues, paniqué par cet improbable événement, je m’empressais de remettre la guitare à sa place et j’attendais patiemment que les cloches de l’église carillonnent le milieu de la journée, le « mezzogiorno ». Le midi, c’est à ce moment-là qu’il reposait délicatement ses outils, se levait, ôtait son tablier, et me tendait son bras. Plus jeune, il avait été renversé par une voiture et boitait de la jambe gauche. Je glissais mon bras en dessous du sien et nous sortions ensemble du magasin, la clochette de la porte carillonnait à son tour, et nous descendions vers la rue Libarna**. Et là, sous le soleil, fier comme un coq, j’avais l’impression de porter mon grand-père, je sentais le poids de son corps s’appuyait un peu plus sur moi à chaque bosse du mince trottoir. Nous achetions une « pomodoro », une pomme d’or, une tomate, la grosse tomate italienne rutilante et difforme, puis mon grand-père saluait de la main quelques connaissances installées à la caffeteria La Dolce Vita, avant de s’arrêter à la « macelleria », la boucherie pour acheter de la viande hachée. Nous rentrions directement pour passer à l’étage. Direction la cuisine, il sortait deux assiettes, coupait la tomate en quartiers, un filet d’huile d’olive, roulait deux boules de viande hachée qu’il faisait rapidement cuire dans une poêle, une pincée de sel et nous mangions tous les deux, avant tout le monde, avant de mettre la table, avant le minestrone et le plat de pâtes en famille, avant que l’air à 30 degrés ne se faufile entre les bandes verticales et multicolores du rideau moustiquaire. Cette intimité je l’espérais chaque jour de mes vacances d’été, mon grand-père a été la seule personne avec qui j’ai eu ce contact, il me prenait littéralement dans ses bras, je le prenais littéralement dans mes bras. Imaginer cette « 4 jambes motrices » déambuler la rue gastronomique me fait aujourd’hui sourire… et pleurer. « Io mi chiamo Fabrizio Angelo », je m’appelle Fabrice Ange, et je suis fier de porter mon grand-père… dans mon prénom.

* J’avais parfois l’impression que les tomates pelées, l’huile d’olive, l’oignon, le thon, la gousse d’ail, le basilic frais accouraient en bas de l’escalier pour investir la pièce. C’était la promesse d’un plat de pâtes râpé au « parmigiano » (parmesan) reggiano, que nous allions tous déguster en famille.

** Bien plus tard, j’ai su que Libarna était le nom d’une antique ville romaine à quelques kilomètres de là.

Mis en musique avec amitié, amour et âme par le poète slameur Frédéric Duval : lien audio

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4m2, c’est la dimension de l’enfer-mement

Photo: Photos Michel Perret

Vous avez peut-être déjà écouté la chanson « 4m2 » (paroles Pierre-Yves Lebert, musique Yodelice) dans l’album posthume « Mon pays c’est l’amour » de Johny Halliday. Voici les paroles :

Retour dans les cellules
Rappel des matricules
Ce foutu bruit de clés
Me donne envie de tuer
J’ai des souvenirs de ciel
Oh de moins en mois réels
J’ai des rêves de grand voile
De soleil et d’étoiles

4m2 et des poussières
C’est la dimension de l’enfer
4m2 et des poussières
C’est la mesure de ma misère

J’ai des envies de ville
Et de fumée d’usine
J’ai des désirs d’alcool
De descente en sous-sol
D’aventures, de naufrages
Dans des pays sauvages
J’ai des envies de filles
Fascinantes et faciles

4m2 et des poussières
C’est la dimension de l’enfer
4m2 et des poussières
C’est la mesure de ma misère
4m2 et des poussières
C’est la dimension de l’enfer
4m2 et des poussières
4m2 et des poussières
C’est la dimension de l’enfer
4m2 et des poussières
C’est la mesure de ma misère

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Congrès national 2019 de l’ANVP

C’est en tant que membre bordelais de l’Association Nationale des Visiteurs de Prison (ANVP) que j’écris ce billet.

L’ANVP organise son congrès national du 17 au 19 mai 2019 au Campus Atlantica à Artigues-près-Bordeaux, autour du thème « Cultures et culture en prison ».

Dans ce cadre, l’ANVP recherche des partenaires qui contribueraient par un apport financier à rendre cet événement possible : regrouper ses 150 membres bénévoles venu.e.s de toutes la France pour encore mieux réfléchir sur la façon d’aider moralement et matériellement les personnes incarcérées.

L’ANVP s’engage à donner à son partenaire une visibilité pendant le congrès, voire s’il le souhaite, à lui permettre de participer à l’animation des débats.

Le contact/délégué régional de l’ANVP est Xavier Denecker – 06 25 71 28 45 – xdenecker@anvp.org

J’en profite pour vous souhaiter, cher lecteur, chère lectrice, un bel été !

Proposition d’affiche :

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Chômage des seniors, une autre histoire possible

Ce magnifique livre de Pierre Blanc-Sahnoun et Téha Galliano est à double voire triple usage :

– une déconstruction tout en finesse de nos traditions de recrutement, des techniques d’infiltration pour devancer le marché voire des techniques d’exfiltration parce qu’on n’est pas obligé de tout accepter à n’importe quel prix,

– une reconstruction de la fierté et de la dignité du senior par le biais de sessions collectives (et individuelles) mise en lumière par les magnifiques documentations poétiques de Téha et Pierre, l’émotion comme un véhicule tout-terrain sur ce territoire impitoyable et à peine respectueux qu’est la recherche d’emploi,

– une animation narrative proposée par Pierre qui donne littéralement tout le matériel nécessaire sur le fond et la forme pour les professionnels du domaine, il décrit même comment le dispositif a évolué dans le temps ; tout en faisant les liens et les rappels nécessaires concernant l’approche narrative et sa terraformation par des travailleurs sociaux australiens et néozélandais.

Ce n’est pas tous les jours qu’un Sensei dévoile et délivre autant son savoir-faire et son expérience… un livre que je conseille à tous les seniors en devenir, aux professionnels de la relation d’aide et notamment à tous les praticiens narratifs.

Pour le commander, c’est chez l’éditeur L’Harmattan.

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